À quelle condition le corps puise-t-il dans ses réserves ?
Le déstockage
Le tissu adipeux n'est pas un coffre qu'on remplirait sans jamais l'ouvrir. Il travaille dans les deux sens en permanence, et ce qui compte est le solde. Reste à savoir ce qui fait pencher la balance du côté de la sortie.
Deux conditions, pas une
La première condition est hormonale. L'insuline, qui autorise le stockage, bloque en même temps la sortie : tant qu'elle est haute, la graisse reste où elle est. Il faut donc qu'elle redescende, ce qui arrive naturellement quelques heures après un repas.
La seconde condition est comptable, et c'est elle qui décide. Une insuline basse ouvre la porte, elle ne crée pas le besoin. Pour que le corps aille chercher dans ses réserves, il faut qu'il ait une dépense à couvrir et rien à se mettre sous la dent. Sans ce manque, la porte ouverte ne sert à rien.
C'est le point où beaucoup de méthodes se trompent. Faire baisser l'insuline est utile, mais ce n'est qu'une des deux conditions. L'expérience la plus directe sur ce point a comparé, à déficit identique, une réduction des graisses et une réduction des glucides. La seconde a bien fait baisser l'insuline davantage, sans produire plus de perte de gras. La porte était plus ouverte, le besoin était le même.
Une journée fait des allers et retours
Dans une journée ordinaire, le corps alterne sans arrêt. Les heures qui suivent un repas sont des heures de rangement. Les heures qui suivent, insuline redescendue, sont des heures de retrait. La nuit est la plus longue période de retrait continu, et c'est aussi pourquoi le premier repas de la journée l'interrompt.
Perdre du gras ne demande donc pas de supprimer le stockage, ce qui est impossible, mais que le total des retraits dépasse le total des dépôts sur la durée. Un repas ne fait pas grossir, une journée non plus. C'est la somme des soldes qui déplace l'aiguille.
Ce qu'il faut en retenir
Deux verrous protègent les réserves : une hormone qui doit redescendre, et un besoin qui doit exister. Agir sur le premier sans le second ne produit rien. La suite de cette partie s'occupe de ce qui remplit la colonne des entrées, en commençant par la question que tout le monde croit réglée : ce qu'est une calorie.
Sources
- Coppack SW et al., Adipose tissue metabolism in obesity: lipase action in vivo before and after a mixed meal, Metabolism, 1992
- Frayn KN, Metabolic Regulation: A Human Perspective, Wiley-Blackwell
- Hall KD et al., Calorie for calorie, dietary fat restriction results in more body fat loss than carbohydrate restriction in people with obesity, Cell Metabolism, 2015
Écrit par Marc-Antoine Voci.