Comment manger plus quand on n'a pas faim ?
Quand l'appétit est la limite
La page sur ceux qui ne grossissent jamais a décrit les causes. Celle-ci décrit la contrainte telle qu'elle se vit : il ne s'agit pas de vouloir manger davantage, il s'agit de pouvoir. L'estomac a un volume, la journée a un nombre de repas, et le rassasiement arrive avant l'objectif.
Le volume est la vraie limite
La première partie a montré que le signal d'arrêt juge d'abord un volume, et que la quantité de nourriture mangée dans une journée varie peu d'un jour à l'autre. C'est cette régularité qui bloque : à poids de nourriture constant, la seule variable qui reste est ce que ce poids contient.
Tout le problème consiste donc à faire entrer davantage d'énergie dans le même volume : la densité calorique lue à l'envers.
Les quatre leviers
Remplacer plutôt qu'ajouter. Une même assiette cuisinée avec de l'huile, du beurre de cacahuète, du fromage ou de la crème apporte plusieurs centaines de kilocalories de plus sans occuper un centimètre de plus. Ajouter un repas est plus difficile que d'enrichir ceux qui existent déjà.
Retirer l'eau, pas les aliments. La page sur l'eau dans l'assiette se lit ici en sens inverse : soupes, crudités et fruits très hydratés occupent la place sans apporter grand-chose. Les formes concentrées — fruits secs, oléagineux, féculents peu hydratés — font le contraire.
Se servir des calories liquides. C'est le seul endroit du livre où elles sont un avantage. L'expérience du soda et des bonbons l'a montré : les calories bues ne réduisent pas le repas suivant. Ce qui est un défaut quand on cherche à perdre devient un moyen quand on cherche à prendre.
Manger vite, et avant le rassasiement. La partie sur la vitesse a montré que le signal d'arrêt met une vingtaine de minutes à arriver. Placer l'apport le plus dense au début du repas fait passer davantage d'énergie avant que le niveau soit atteint.
Ce que cela ne dispense pas de faire
Aucun de ces leviers ne construit du muscle : ils fournissent l'énergie, et la page précédente a rappelé que le signal vient de l'entraînement. Un surplus sans renforcement produit une prise de poids, pas une prise de masse.
Sources
- Rolls BJ, The relationship between dietary energy density and energy intake, Physiology & Behavior, 2009
- DiMeglio DP, Mattes RD, Liquid versus solid carbohydrate: effects on food intake and body weight, International Journal of Obesity, 2000
- Ciqual ANSES 2025, table de composition nutritionnelle des aliments
Écrit par Marc-Antoine Voci.