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Quelles idées reçues sur le sport sont fausses ?

Les mythes du sport

Trois croyances traversent les salles de sport depuis des décennies. Elles ont chacune une origine compréhensible, et chacune est contredite par une mesure.

Localiser la perte

L'idée : travailler une zone y ferait fondre la graisse. Les essais qui l'ont testée ont fait entraîner un seul côté du corps, ou une seule région, pendant plusieurs semaines, et mesuré la graisse par imagerie. La graisse a baissé de façon comparable partout, ou n'a pas baissé du tout, sans avantage pour la zone travaillée.

Le mécanisme l'explique : la graisse mobilisée par un muscle n'est pas celle qui l'entoure. Elle est libérée dans le sang par l'ensemble du tissu adipeux, selon une répartition largement déterminée par l'hérédité et les hormones. Un abdominal renforce un abdominal ; il ne choisit pas où le corps puise.

Transformer le gras en muscle

L'idée : le gras deviendrait du muscle sous l'effet de l'entraînement. Ce sont deux tissus différents, faits de molécules différentes, et aucune voie métabolique ne convertit l'un en l'autre.

Ce qu'on observe est la simultanéité de deux processus distincts : la masse grasse baisse par le déficit, la masse maigre monte par l'entraînement. Le résultat sur la silhouette ressemble à une conversion, et la balance peut ne pas bouger du tout, mais rien ne s'est transformé.

La zone brûle-graisse

L'idée : il existerait une intensité où l'on brûle du gras, au-delà de laquelle on n'en brûle plus. La part de l'énergie fournie par la graisse est bien plus élevée à basse intensité — cette partie-là est vraie.

Effort modérémarche rapide300 kcal180 kcal60 % de graisseEffort intensecourse500 kcal175 kcal35 % de graissevenu de la graissevenu du reste
Deux séances de quarante-cinq minutes, chez un même adulte. À effort modéré, la graisse fournit une plus grande part de l'énergie ; à effort intense, une part plus faible d'un total plus grand. Les grammes de graisse consommés pendant la séance finissent voisins, et le total dépensé, lui, ne l'est pas. Ordres de grandeur.

Ce que le raisonnement oublie est le total. À intensité plus élevée, une part plus faible s'applique à un gâteau plus gros, et les grammes de graisse consommés pendant la séance finissent voisins. Surtout, le substrat brûlé pendant une heure ne décide de rien : sur vingt-quatre heures, le corps rééquilibre ce qu'il oxyde, et ce qui reste est le solde de la journée.

Sources

  • Ramírez-Campillo R et al., Regional fat changes induced by localized muscle endurance resistance training, Journal of Strength and Conditioning Research, 2013
  • Vispute SS et al., The effect of abdominal exercise on abdominal fat, Journal of Strength and Conditioning Research, 2011
  • Achten J, Jeukendrup AE, Optimizing fat oxidation through exercise and diet, Nutrition, 2004

Écrit par Marc-Antoine Voci.