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Quelle est la part du mouvement qu'on ne compte pas ?

Le NEAT, le vrai brûleur

Le poste le plus large après le métabolisme de base ne porte pas de nom dans le langage courant. Il rassemble tout le mouvement d'une journée qui n'est pas de l'exercice : marcher, se lever, monter un escalier, cuisiner, porter, rester debout, bouger en parlant.

Ce que l'expérience de suralimentation a montré

Seize adultes ont reçu, pendant huit semaines, un excédent quotidien de mille kilocalories, avec consigne de ne pas modifier leur activité sportive. La prise de poids aurait dû être identique. Elle a varié d'un facteur dix entre les participants.

Ce qui a expliqué l'écart n'est ni le métabolisme de base, qui a peu bougé, ni la dépense digestive, qui a suivi l'apport. C'est le mouvement involontaire : chez certains, il a augmenté de plusieurs centaines de kilocalories par jour sans qu'ils en aient conscience ; chez d'autres, il n'a pas bougé. Ceux qui ont le plus augmenté ce poste sont ceux qui ont le moins grossi.

L'écart entre deux personnes

Entre deux adultes de même masse, ce poste peut différer de plusieurs centaines de kilocalories par jour, et l'écart s'élargit encore selon le métier et le mode de vie. C'est de loin la source de variation la plus large entre deux dépenses quotidiennes.

Il n'y a pas de mystère physiologique là-dedans : rester debout coûte davantage qu'être assis, marcher coûte davantage que rester debout, et ces différences, minuscules à la minute, s'accumulent sur seize heures d'éveil.

Pourquoi il baisse pendant un régime

C'est le point qui explique le plus d'échecs, et il est mesuré. En restriction énergétique, le corps réduit sa dépense au-delà de ce que la perte de masse justifie. Une partie de cette réduction est une baisse du mouvement spontané : moins de gestes, moins de déplacements, une posture plus économe.

Cette baisse n'est pas ressentie comme une décision. Elle apparaît comme de la fatigue, ou comme rien du tout. Elle réduit pourtant l'écart entre les entrées et les sorties, ce qui explique qu'un déficit calculé sur le papier produise moins que prévu sur la balance.

Sources

  • Levine JA, Eberhardt NL, Jensen MD, Role of nonexercise activity thermogenesis in resistance to fat gain in humans, Science, 1999
  • Levine JA, Non-exercise activity thermogenesis (NEAT), Best Practice & Research Clinical Endocrinology & Metabolism, 2002
  • Rosenbaum M, Leibel RL, Adaptive thermogenesis in humans, International Journal of Obesity, 2010

Écrit par Marc-Antoine Voci.