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Pourquoi deux personnes ne dépensent-elles pas pareil ?

Ce qui fait varier le métabolisme

Deux adultes de même poids ne dépensent pas la même chose. Les causes sont connues, elles se hiérarchisent, et la hiérarchie n'est pas celle qu'on imagine.

Ce qui pèse le plus

La masse maigre, de très loin. Elle explique à elle seule la majeure partie des écarts de dépense de repos entre deux individus. C'est aussi ce qui explique la plupart des différences dites de sexe : à poids égal, un homme porte davantage de masse maigre.

La taille du corps, ensuite : un corps plus grand coûte plus cher à maintenir, dans les deux sens.

Le mouvement ordinaire, décrit deux pages plus haut, qui est la source de variation la plus large de toutes — mais celle-là est un comportement, pas une caractéristique.

Restent les différences individuelles inexpliquées, mesurées en chambre calorimétrique après avoir tenu compte du reste : elles existent et se comptent en dizaines de kilocalories par jour.

L'âge, autrement qu'on ne le dit

La grande base de données de dépense mesurée par eau doublement marquée, qui couvre la naissance à quatre-vingt-quinze ans, a rangé la question. Rapportée à la masse maigre, la dépense est stable entre vingt et soixante ans. Elle est très élevée dans la petite enfance, et elle décline après soixante ans, d'environ sept dixièmes de pour cent par an.

Ce qui change entre vingt et cinquante ans est donc la composition du corps, pas sa vitesse de fonctionnement.

L'historique de régimes

C'est le facteur le plus sous-estimé. Après une perte de poids importante, la dépense mesurée est plus basse que ce que la nouvelle masse corporelle laisse prévoir. On appelle cet écart l'adaptation métabolique.

Le suivi le plus frappant a porté sur des participants d'une émission de perte de poids extrême, revus six ans après. La plupart avaient repris du poids, et leur dépense de repos restait plusieurs centaines de kilocalories en dessous de la valeur attendue pour leur corps d'alors.

Il faut lire ce résultat pour ce qu'il est : une perte très rapide et très importante, obtenue par un déficit extrême et un très gros volume d'exercice. L'ampleur de l'adaptation dans des conditions ordinaires est plus modeste, et fait toujours l'objet de mesures.

Sources

  • Pontzer H et al., Daily energy expenditure through the human life course, Science, 2021
  • Fothergill E et al., Persistent metabolic adaptation 6 years after The Biggest Loser competition, Obesity, 2016
  • Müller MJ, Bosy-Westphal A, Adaptive thermogenesis with weight loss in humans, Obesity, 2013
  • Ravussin E et al., Determinants of 24-hour energy expenditure in man, Journal of Clinical Investigation, 1986

Écrit par Marc-Antoine Voci.