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Combien le corps dépense-t-il sans rien faire ?

Le métabolisme de base

Un corps au repos complet, à jeun, à température confortable, dépense encore. C'est ce qu'on appelle le métabolisme de base : le coût de rester en vie. Il représente à lui seul la majorité de la dépense d'une journée ordinaire.

Ce que ça coûte, organe par organe

La dépense de base n'est pas répartie proportionnellement à la masse. Certains tissus coûtent très cher au kilo, d'autres presque rien.

Muscles22 %Foie21 %Cerveau20 %Cœur9 %Reins8 %Graisse4 %Tout le reste16 %
Part de la dépense au repos attribuable à chaque organe, chez un adulte de soixante-dix kilos. Trois organes qui pèsent moins de quatre kilos ensemble — foie, cerveau, cœur — consomment la moitié du total, tandis que quinze kilos de graisse en consomment un vingt-cinquième. Source : vitesses métaboliques spécifiques mesurées par organe.

Les vitesses mesurées expliquent le tableau : un kilo de cerveau consomme environ deux cent quarante kilocalories par jour, un kilo de cœur ou de rein plus de quatre cents, un kilo de muscle au repos treize, et un kilo de graisse quatre ou cinq.

D'où ce résultat. Le cerveau, le foie, le cœur et les reins pèsent ensemble moins de cinq kilos et consomment près de soixante pour cent de la dépense de repos. Les muscles, qui pèsent sept fois plus, en consomment un cinquième — mais ils sont le seul poste dont la masse se modifie.

Ce qui le fait varier

Le premier déterminant est la masse maigre, c'est-à-dire tout ce qui n'est pas de la graisse. C'est la variable qui explique la plus grande part des écarts entre individus, devant l'âge et le sexe. Un homme dépense en moyenne davantage qu'une femme de même poids parce qu'il porte plus de masse maigre, pas parce que son moteur tourne plus vite.

Le deuxième est la taille du corps : plus il est grand, plus il coûte cher à maintenir, ce qui explique qu'une perte de poids réduise mécaniquement la dépense de base.

Restent les facteurs individuels non expliqués, qui subsistent après avoir tenu compte de tout le reste. Ils existent, ils se mesurent, et ils sont de l'ordre de la dizaine de kilocalories par jour, pas de la centaine.

Sources

  • Elia M, Organ and tissue contribution to metabolic rate, in Energy Metabolism: Tissue Determinants and Cellular Corollaries, Raven Press, 1992
  • Wang Z et al., Specific metabolic rates of major organs and tissues across adulthood, American Journal of Clinical Nutrition, 2010
  • Zurlo F et al., Skeletal muscle metabolism is a major determinant of resting energy expenditure, Journal of Clinical Investigation, 1990

Écrit par Marc-Antoine Voci.