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Vaut-il mieux perdre lentement ?

Cinq kilos par an

L'idée qu'une perte lente se maintient mieux qu'une perte rapide est répandue, et l'essai qui l'a testée directement ne la retrouve pas. Cette page dit donc pourquoi la lenteur reste préférable, pour d'autres raisons.

Ce que l'essai a trouvé

Des participants ont été répartis entre une perte rapide sur douze semaines et une perte progressive sur trente-six, jusqu'à une perte comparable. Ils ont ensuite été suivis trois ans.

La reprise a été importante dans les deux groupes, et identique de l'un à l'autre. La vitesse de perte ne prédisait pas le maintien.

Il faut donc écarter l'argument le plus souvent avancé : perdre lentement ne protège pas, en soi, de la reprise.

Ce qui reste vrai

La composition de la perte. L'essai mené chez des athlètes a montré qu'à perte égale, le rythme rapide prélève davantage de masse maigre. Deux personnes ayant perdu huit kilos n'ont pas perdu la même chose, et la partie cinq a montré ce que cela change pour la suite.

La faisabilité. Un déficit modéré demande moins de renoncements quotidiens, donc moins de décisions, donc moins d'occasions d'abandonner. C'est le critère de la partie cinq, et c'est le seul qui prédise quelque chose à long terme.

Le calcul qu'on ne fait jamais

Cinq kilos par an paraît dérisoire — moins de cent grammes par semaine, c'est-à-dire à peine mesurable d'une pesée à l'autre.

Sur cinq ans, cela fait vingt-cinq kilos, à condition que chaque kilo perdu reste perdu. C'est davantage que ce que produit la plupart des régimes rapides une fois la reprise déduite, et c'est ce que les méta-analyses de suivi long montrent en creux : ce qui compte n'est pas la profondeur du creux, c'est le niveau où l'on se trouve cinq ans après.

La question utile n'est donc pas « combien en trois mois » mais « combien restera-t-il dans cinq ans ».

Sources

  • Purcell K et al., The effect of rate of weight loss on long-term weight management: a randomised controlled trial, The Lancet Diabetes & Endocrinology, 2014
  • Garthe I et al., Effect of two different weight-loss rates on body composition and strength and power-related performance in elite athletes, International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism, 2011
  • Anderson JW et al., Long-term weight-loss maintenance: a meta-analysis of US studies, American Journal of Clinical Nutrition, 2001

Écrit par Marc-Antoine Voci.