Comment nourrir un enfant sans lui transmettre le problème ?
Nourrir ses enfants
Les préférences alimentaires ne sont pas innées. Elles s'apprennent, et la façon dont elles s'apprennent est bien décrite — y compris ce qui, avec les meilleures intentions, produit l'inverse de ce qu'on cherche.
Ce que l'exposition répétée produit
C'est le résultat le plus solide du domaine sur ce point. Un aliment nouveau est refusé par défaut ; il devient acceptable à mesure qu'il est présenté, et il faut souvent de huit à quinze présentations pour qu'un légume soit accepté par un jeune enfant.
Le point important est que la plupart des parents abandonnent bien avant. Un refus n'est pas un verdict : c'est le comportement normal d'un enfant à la troisième présentation.
Un essai a comparé une exposition quotidienne simple à une exposition accompagnée d'une récompense : les deux augmentaient l'acceptation, et l'exposition seule suffisait à produire l'essentiel de l'effet.
Pourquoi interdire renforce l'attrait
C'est le mécanisme de la partie cinq, observé chez l'enfant avec une netteté particulière.
Dans une expérience devenue classique, on a restreint l'accès à un aliment pour un groupe d'enfants et non pour l'autre. Quand l'aliment est ensuite devenu librement disponible, les enfants du groupe restreint en ont mangé nettement davantage, l'ont désigné plus souvent comme préféré, et en ont parlé plus.
La restriction n'a pas réduit l'attrait : elle l'a fabriqué.
Les deux autres pièges courants
Le dessert comme récompense. Associer un aliment à une récompense augmente la valeur de la récompense et diminue celle de l'aliment imposé. « Finis tes légumes et tu auras le dessert » apprend que les légumes sont un prix à payer.
Finir son assiette. L'obligation apprend à ignorer le signal d'arrêt décrit dans la première partie, au profit d'un repère extérieur. C'est le comportement qu'il faudra désapprendre plus tard.
Ce qui reste
Le partage des rôles le plus documenté est simple : l'adulte décide de ce qui est proposé et à quel moment ; l'enfant décide de la quantité. Et l'exemple pèse davantage que la consigne — un enfant mange ce qu'il voit manger.
Sources
- Birch LL, Development of food preferences, Annual Review of Nutrition, 1999
- Wardle J et al., Increasing children's acceptance of vegetables: a randomized trial of parent-led exposure with and without reward, Appetite, 2003
- Fisher JO, Birch LL, Restricting access to palatable foods affects children's behavioral response, food selection, and intake, American Journal of Clinical Nutrition, 1999
Écrit par Marc-Antoine Voci.