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Pourquoi certains n'ont-ils jamais faim ?

Quand la faim manque

Toute cette partie décrit une faim qui insiste. Elle a un envers, moins raconté : des personnes que la faim ne visite presque jamais, qui oublient de manger, que trois bouchées remplissent. Pour qui cherche à prendre du poids, c'est le problème symétrique.

Les mêmes mécanismes, en négatif

Le stress illustre la symétrie. Prolongé, il nourrit l'appétit par le cortisol, on vient de le voir. Aigu, il fait l'inverse : l'adrénaline de l'alerte coupe la faim net, le temps que la menace passe. Une vie faite d'urgences enchaînées peut ainsi éteindre le signal des journées entières, repas après repas, sans que rien soit cassé.

Les signaux d'arrêt connaissent la même variation entre personnes que la faim elle-même. Chez certains, ils partent tôt et fort : la plénitude arrive en quelques bouchées, non par défaut mais par réglage. Ajoutée à un circuit de récompense peu sensible aux aliments, cette précocité fait les « petits mangeurs » : un profil, pas une pathologie.

Le signal qui s'endort

Le dernier mécanisme est le plus important, parce qu'il s'installe tout seul. La ghréline monte aux heures des repas pris, pas aux heures des repas théoriques. Un repas sauté aujourd'hui est une vague plus faible demain : privée de rendez-vous, l'horloge de la faim cesse de sonner. C'est le cercle du « je n'ai pas faim, donc je ne mange pas, donc je n'ai pas faim » : chaque repas manqué désapprend au corps à le réclamer. Le mécanisme qui rend la faim ponctuelle chez les uns la fait disparaître chez les autres : c'est le même.

Ce qu'il faut en retenir

Une faim absente n'est pas un corps sans besoins : c'est un signal éteint par le stress aigu, par un réglage précoce de la satiété, ou par des repas assez souvent sautés pour que l'horloge cesse de les attendre. Et parce que le signal s'apprend, il se réapprend : des horaires réguliers refont des vagues. La partie sur la construction du muscle y reviendra, car on ne construit rien sans matière.

Sources

  • Torres SJ, Nowson CA, Relationship between stress, eating behavior, and obesity, Nutrition, 2007
  • Natalucci G et al., Spontaneous 24-h ghrelin secretion pattern in fasting subjects: maintenance of a meal-related pattern, European Journal of Endocrinology, 2005
  • Frecka JM, Mattes RD, Possible entrainment of ghrelin to habitual meal patterns in humans, American Journal of Physiology, 2008

Écrit par Marc-Antoine Voci.