Pourquoi les progrès s'arrêtent-ils ?
Pourquoi on stagne
La stagnation est vécue comme une panne. C'est en réalité le fonctionnement normal de l'adaptation, poussé jusqu'à son terme.
Le principe qui explique tout
Un corps s'adapte à ce qu'il subit, et une fois adapté, ce qu'il subit ne le contraint plus. Une charge qui obligeait le muscle à se renforcer devient, six mois plus tard, une charge qu'il porte sans effort. Le signal décrit dans la partie précédente n'est plus émis.
C'est pourquoi la progression ne se décide pas une fois pour toutes : il faut augmenter quelque chose — la charge, les répétitions, les séries — pour que la contrainte reste une contrainte.
Le même raisonnement vaut pour l'endurance : une allure qui essoufflait au premier mois n'essouffle plus au sixième, et la séance qui la maintient devient un entretien, plus un entraînement.
Les paliers normaux
La progression n'est linéaire qu'au tout début. Les premières semaines donnent des gains rapides qui doivent beaucoup à l'apprentissage du mouvement : le système nerveux recrute mieux les fibres existantes avant que le muscle n'ait grossi.
Ensuite, la pente s'aplatit. Les gains de la deuxième année sont bien inférieurs à ceux de la première, et cette décroissance ne s'inverse pas. Un ralentissement n'indique donc pas une erreur ; il indique un niveau atteint.
Distinguer une stagnation d'un plateau
Les deux ne se traitent pas de la même façon, et trois questions suffisent à les séparer.
Le volume a-t-il augmenté depuis trois mois ? Si rien n'a monté, ce n'est pas un plateau : c'est un entretien qui produit ce qu'un entretien produit.
La récupération suit-elle ? Un sommeil court, un déficit marqué ou un enchaînement de séances dures empêchent l'adaptation d'avoir lieu. Le stimulus est là, la reconstruction non.
Les mesures sont-elles les bonnes ? La balance ne distingue pas la masse maigre de la masse grasse. Un tour de taille qui baisse pendant que le poids ne bouge pas décrit un progrès que la balance efface.
Sources
- Wackerhage H et al., Stimuli and sensors that initiate skeletal muscle hypertrophy following resistance exercise, Journal of Applied Physiology, 2019
- Schoenfeld BJ, Ogborn D, Krieger JW, Dose-response relationship between weekly resistance training volume and increases in muscle mass, Journal of Sports Sciences, 2017
- Wernbom M, Augustsson J, Thomeé R, The influence of frequency, intensity, volume and mode of strength training on whole muscle cross-sectional area in humans, Sports Medicine, 2007
Écrit par Marc-Antoine Voci.