4.12

Pourquoi le repos fait-il partie de l'entraînement ?

La récupération

La séance donne un ordre ; la récupération l'exécute. Cette partie du travail ne se voit pas, ne se mesure pas en salle, et c'est pourtant elle qui produit le résultat.

Les délais

Ils diffèrent selon ce qui a été sollicité, et ils ne se superposent pas.

Le muscle lui-même reconstruit pendant un à trois jours, comme le montre la courbe de la page sur la croissance. Le système nerveux, très sollicité par les charges lourdes, récupère souvent plus vite. Les tendons et les articulations, eux, s'adaptent bien plus lentement que le muscle : c'est la raison pour laquelle une progression trop rapide des charges blesse une structure passive avant de dépasser les capacités du muscle.

Un même programme peut donc être parfaitement dosé pour le muscle et trop rapide pour les tendons.

Le rôle du sommeil

Le sommeil n'est pas un ajout à la récupération : c'est son cadre. Les sécrétions hormonales qui accompagnent la reconstruction se concentrent sur les phases profondes de la nuit, et une restriction de sommeil déplace l'équilibre entre fabrication et dégradation de protéine dans le mauvais sens.

Il s'y ajoute ce que la première partie a décrit : une nuit courte augmente la faim et déplace le choix des aliments. Le sommeil pèse donc sur les deux plateaux de la balance en même temps.

Le surentraînement, ce qu'il est

Le mot sert à qualifier n'importe quelle fatigue de fin de semaine. Le syndrome décrit par la littérature est autre chose : une baisse durable de performance, qui persiste après plusieurs semaines de repos, et qui s'accompagne de troubles du sommeil, de l'humeur et de l'appétit. Il est rare, et concerne des athlètes à très haut volume d'entraînement.

Ce que rencontre un pratiquant ordinaire porte un autre nom : un excès passager, qui se corrige en quelques jours. La confusion entre les deux sert surtout à justifier des arrêts prolongés dont la vraie cause est ailleurs.

Sources

  • Damas F et al., A review of resistance training-induced changes in skeletal muscle protein synthesis and their contribution to hypertrophy, Sports Medicine, 2015
  • Dattilo M et al., Sleep and muscle recovery: endocrinological and molecular basis for a new and promising hypothesis, Medical Hypotheses, 2011
  • Meeusen R et al., Prevention, diagnosis and treatment of the overtraining syndrome, European Journal of Sport Science, 2013

Écrit par Marc-Antoine Voci.